Créatif

Fabriquer un arbre à souhaits

Une branche ramassée en balade, un vase, quelques étiquettes de papier de couleur, et voilà un arbre à souhaits inspiré des tanzaku japonais. Chacun y accroche un vœu, les petits le dessinent, et ça finit par décorer tout un coin de la maison.

3-12 ans 40 min Moins de 10 € On fait ensemble Bazar niveau 1/3

Le 1er janvier 2026, au lieu des résolutions qu'on oublie avant le 3, on a lancé l'année autrement : un arbre à souhaits dans un coin du salon. La branche, on ne l'avait pas ramassée pour l'occasion : elle trônait déjà dans son vase depuis un bon moment, et ce jour-là on a simplement eu envie de l'habiller. Chacun a écrit ce qu'il espérait pour l'année sur une petite étiquette de couleur. On avait invité des copains à nous avec leurs filles, et franchement, entre les vœux des enfants et ceux des adultes, on a beaucoup ri.

Parce que ça part vite en vrille, ce genre de rituel. Armand, mon grand de 8 ans, a solennellement souhaité « être moins énervé quand je joue au jeu vidéo » (on y travaille) et, sur une autre étiquette, « être moins énervé par mes sœurs » (là, je ne promets rien). Et moi, adulte parfaitement raisonnable, j'ai réclamé « un cheval, un lapin et un lama », ni plus ni moins. Le principe est tout simple, ça coûte trois fois rien, et à la fin tu te retrouves avec un objet plein de couleurs et de petites phrases attendrissantes, accroché là pour des semaines.

La liste de courses

Beaucoup de récup, très peu d'achats. On regarde d'abord dehors et dans les tiroirs.

  • Une jolie branche (ou une plante déjà là)0 €
    Récup' : celle qui a le plus de petites ramifications, c'est la meilleure, parce qu'on peut y suspendre plein d'étiquettes. Au Japon la tradition veut du bambou, mais n'importe quelle branche convient, et même une plante verte ou un petit arbre que tu as déjà à la maison. Si tu la ramasses dehors, secoue-la pour déloger les bestioles et laisse-la sécher une journée à l'intérieur avant de la rentrer pour de bon.
  • Un grand vase, un pichet ou un pot lourd0 €
    À la maison : l'idéal, c'est quelque chose d'assez lourd et haut pour que la branche tienne droite sans basculer. Si ça vacille, on cale avec des galets, du sable ou même du riz au fond. Un vase déjà là, et le tour est joué.
  • Du papier de couleur ou du papier cartonné0 à 3 €
    Récup' possible : des chutes de papier, de vieilles feuilles cartonnées, des restes de papier cadeau. Ce sont les fameuses étiquettes, les tanzaku. Plus il y a de couleurs, plus l'arbre est gai. Si tu veux en acheter, un bloc de feuilles multicolores suffit largement pour toute la famille. Action Cultura Amazon
  • De la ficelle, du fil ou du raphia0 à 2 €
    À la maison : pour accrocher les étiquettes aux branches. La ficelle de cuisine, un vieux bout de laine, du fil de coton, tout marche. On coupe des petits morceaux d'une quinzaine de centimètres.
  • Une perforatrice, des ciseaux et des feutres0 à 3 €
    Dans le tiroir : la perforatrice pour faire un trou en haut de chaque étiquette (sinon, la pointe des ciseaux fait l'affaire, côté adulte), les ciseaux pour découper les rectangles, et de quoi écrire et dessiner. Rien à acheter, en principe.

Aucun lien sponsorisé, juste des repères. Avec une branche gratuite et de la récup, l'atelier tient largement dans un billet de cinq.

Un arbre à souhaits fait maison : une branche installée dans un vase en métal doré, dans un coin de salon, avec des étiquettes de papier de couleur portant des souhaits manuscrits et des dessins d'enfants
Notre version à nous : une branche qui traînait déjà dans un vase, qu'on a habillée pour lancer 2026.

C'est quoi, un arbre à souhaits ?

L'idée nous vient du Japon, d'une fête qui s'appelle Tanabata, « la fête des étoiles », célébrée début juillet. La légende raconte l'histoire de deux étoiles amoureuses, Orihime et Hikoboshi, séparées par la Voie lactée et autorisées à se retrouver une seule nuit par an. Ce soir-là, on écrit un vœu sur une petite bande de papier de couleur, le tanzaku, et on l'accroche traditionnellement à des branches de bambou : le bambou pousse droit et vite, il est censé porter les souhaits vers le ciel. Mais rien d'obligatoire, n'importe quelle branche, plante ou petit arbre fait très bien l'affaire, y compris une plante verte que tu as déjà à la maison.

Et il y a un détail que j'adore : à l'origine, la couleur du tanzaku ne se choisit pas au hasard, chacune correspond à un type de souhait. En résumé, le vert pour tout ce qui touche à grandir et devenir une meilleure personne, le rouge pour la gratitude envers ses parents et sa famille, le jaune pour les amitiés et les relations, le blanc pour les règles et la discipline qu'on se fixe, et le violet pour les études et le savoir. Chez nous, on n'a pas respecté le code à la lettre, mais ça fait un chouette petit jeu : chacun pioche sa couleur selon ce qu'il a envie de souhaiter.

Chez nous, on a détourné la tradition sans complexe : pas de bambou, pas le mois de juillet, mais le 1er janvier, qui est finalement le moment parfait pour se dire ce qu'on espère de l'année. Tu peux le faire pour un anniversaire, une rentrée, un début de vacances, ou juste un dimanche pluvieux. Le principe reste le même : on écrit, on accroche, on rêve un peu.

On prépare l'arbre

On commence par installer la branche bien droite dans son vase, ou on part de la plante déjà en place comme nous. C'est le moment de vérifier qu'elle ne bascule pas au premier courant d'air, surtout si des petits tournent autour. On cale au fond si besoin, et on pose le tout dans un endroit stable, pas au bord d'une table. Pendant ce temps, les enfants découpent les étiquettes : des rectangles de papier de couleur, format carte postale ou plus petits, peu importe qu'ils soient bien droits. Un trou en haut avec la perforatrice, un bout de ficelle passé dedans, et l'étiquette est prête à recevoir son souhait.

On écrit (ou on dessine) son souhait

Là, chacun prend le temps qu'il veut. Les plus grands rédigent leur vœu, parfois très sérieux, parfois franchement drôle. Et pour les petits qui ne savent pas encore écrire, pas de problème : ils dessinent. Ma dernière a dessiné notre maison avec toute la famille en bonshommes bâtons, et c'était largement aussi parlant qu'une phrase. Un soleil, un gâteau, un animal, un bonhomme : le dessin, c'est un souhait comme un autre. On peut aussi jouer les secrétaires et écrire sous leur dictée, ça marche très bien.

Deux enfants vus de dos accrochent leurs étiquettes de souhaits colorées aux branches d'un bambou, certaines décorées de dessins d'enfant comme un arc-en-ciel, des étoiles et des cœurs
Pour les petits qui n'écrivent pas encore, le dessin fait un souhait tout aussi parfait : un arc-en-ciel, des étoiles, un cœur.
Deux étiquettes accrochées à notre arbre : une étiquette bleue avec un dessin d'enfant représentant une maison et une famille en bonshommes bâtons, et une étiquette orange avec un souhait écrit à la main
Chez nous, en vrai : le dessin d'une maison signé par la plus petite, et mon souhait très raisonnable d'un cheval, d'un lapin et d'un lama.

En panne d'inspiration ? Quelques idées de souhaits

Devant une étiquette vierge, l'enfant attrape souvent le syndrome de la page blanche : d'un coup, il ne « veut rien ». C'est normal. Le plus simple, c'est de lui souffler quelques pistes par thème, quitte à ce qu'il pioche, mélange, ou parte complètement ailleurs. Voici de quoi lancer la machine.

Pour grandir et progresser : réussir à faire du vélo sans les petites roues, apprendre à nager, lire une histoire tout seul, oser lever le doigt en classe.

Pour la famille : moins se disputer avec son frère ou sa sœur, faire plus de câlins le soir, aider à mettre la table sans qu'on le demande.

Pour les copains : se faire un nouveau copain ou une nouvelle copine, inviter Sofia ou Yanis à goûter, jouer avec tout le monde à la récré.

Pour rêver un peu : voir la mer, avoir un animal (un chien, un lapin, ou un lama, on ne juge personne), voler comme un oiseau, dormir une nuit dans une cabane.

Pour prendre soin autour de soi : arroser les plantes, s'occuper du chat, ranger sa chambre sans râler, ramasser les déchets sur la plage.

Et si ton enfant veut écrire son souhait tout seul mais bloque sur les lettres, tu peux imprimer notre alphabet en cursive : il recopie son mot à côté du modèle, et hop, c'est lui l'auteur du vœu du début à la fin.

Les grands aussi jouent le jeu

Ne te contente pas de tenir les ciseaux. L'arbre à souhaits est bien plus chouette quand les adultes s'y collent aussi. D'abord parce que les enfants adorent lire (ou faire lire) les vœux des parents, ensuite parce que ça donne de belles conversations. Le soir du 1er janvier, entre copains, on a tous accroché le nôtre, et voir les grands réfléchir sérieusement à leur étiquette pendant que les enfants gloussaient, ça valait le coup. Un souhait pour soi, un pour la famille, un pour rire : personne n'est obligé de faire dans le solennel.

Un adulte et un enfant, vus de dos, accrochent ensemble des étiquettes de couleur aux branches d'un bambou près d'une fenêtre
On accroche à deux, petits et grands : c'est souvent là que naissent les plus belles discussions.

Où l'installer (c'est joli partout)

C'est là que l'arbre à souhaits devient vraiment satisfaisant : selon l'endroit où tu le poses, il change complètement d'allure. Dans un coin du salon, il tient des semaines et fait une jolie déco vivante. Sur une console d'entrée, il accueille les invités qui ne résistent pas à lire les étiquettes. Devant une fenêtre, la lumière passe à travers les papiers de couleur. On peut même l'habiller au fil des saisons, en ajoutant des étiquettes au gré des envies. Bref, ce n'est pas juste une activité d'un après-midi, c'est un objet qui reste et qui raconte quelque chose de la famille.

Côté pratique

Deux petites choses avant de se lancer : on choisit un vase assez lourd pour que la branche ne se renverse pas sur un tout-petit, et on repère les pointes de brindilles qui arrivent à hauteur d'yeux d'enfant, quitte à les casser ou à les émousser. Rien de méchant, juste le réflexe à avoir quand ça court dans tous les sens.

Pour prolonger l'idée

Si le détour par le Japon t'a plu, tu peux enchaîner : les koinobori, ces carpes en papier qui nagent dans le vent, feraient une jolie compagnie à ton arbre près de la fenêtre. Pour de vraies étiquettes calligraphiées, il y a la calligraphie chinoise et japonaise, parfaite pour écrire les souhaits avec un peu de cérémonie. Et pour rester dans la déco de printemps, l'éventail sakura continue joliment le voyage.

Quelques autres sources d'inspiration

Vu sur Pinterest Des tanzaku suspendus au bambou de Tanabata Vu sur Pinterest Une autre idée d'arbre à souhaits Vu sur Pinterest Des tanzaku à suspendre

On sort les crayons ?

Pour prolonger l'atelier sans rien préparer de plus, voici quelques coloriages à imprimer que j'aime bien dans le même esprit.

Et si on faisait aussi…

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