Créatif

Faire un éventail sakura

On peint un cerisier du Japon en tamponnant du rose et du blanc, et une fois sec, on plie la feuille en accordéon pour en faire un joli éventail collé sur un bâton de glace. Magnifique à tous les coups, même quand on ne sait pas dessiner.

3-10 ans 40 min Moins de 13 € On fait ensemble Bazar niveau 2/3

Le sakura, c'est le cerisier du Japon, celui qui se couvre de fleurs roses au printemps et qui fait fondre internet chaque année. Ici, on le peint dès que le ciel devient un peu gris et qu'on a besoin d'un shot de rose dans la maison. Le principe est génial parce qu'il déculpabilise tout le monde : on dessine juste un tronc et des branches marron au pinceau, et pour les fleurs, on ne dessine rien du tout. On tamponne. C'est exactement ce qui donne ce petit côté nuageux et vaporeux des vrais cerisiers, et c'est infaisable à rater.

Et cette fois on va un peu plus loin : une fois la peinture bien sèche, on plie la feuille en accordéon, on pince le bas et on colle un bâton de glace, et hop, le tableau se transforme en éventail. Je l'ai sorti un mercredi pluvieux et les trois grands s'y sont mis en même temps, chacun sur sa feuille. Mon fils de huit ans s'est appliqué sur des branches très architecturées, ma fille de six ans a tamponné des grappes énormes, et la petite de trois ans a rempli sa feuille de gros nuages roses. Trois éventails complètement différents, trois enfants ravis, et moi qui ai pu finir mon chocolat chaud tiède plutôt que carrément froid. Victoire.

La liste de courses

Si tu as un fond de gouache et une feuille un peu épaisse, tu as presque tout. Le reste, c'est de la récup pure, plus un bâton de glace pour le manche.

  • Un tamponrécup
    Boîte à trésors : c'est le personnage principal, et c'est gratuit. Un bouchon de liège, un coton-tige, une boule de papier essuie-tout, un morceau de papier bulle ou tout simplement le bout du doigt. Chacun donne une texture de fleur différente, alors garde-en plusieurs sous la main.
  • Un bâton de glacerécup
    Tiroir à bricolage : le manche de l'éventail. Un bâton d'esquimau lavé, une pince à linge en bois ou une petite baguette font aussi l'affaire. On les trouve en lot pour trois fois rien si tu n'en as pas. Action Amazon
  • De la colle ou du ruban adhésifrécup
    Pour fixer le bas plié sur le bâton. Un point de colle forte (côté adulte), un morceau de gros scotch ou de la colle à bois, selon ce que tu as.
  • Une palette ou une vieille assietterécup
    Placard de la cuisine : une assiette plate, un couvercle de pot ou une vraie palette. C'est là qu'on dépose le rose et le blanc côte à côte, sans les mélanger complètement.
  • Des feuilles un peu épaisses2 à 5 €
    Du papier à dessin blanc (120 g minimum) tient mieux le coup que le papier imprimante, qui gondole vite. Prends-le au format paysage : c'est plus large que haut, et c'est ce qui donnera un bel éventail une fois plié. Une pochette de Canson dure des mois. Action Cultura Amazon
  • De la gouache marron, rose et blanche3 à 8 €
    Trois teintes suffisent. Pas de marron sous la main ? On le fabrique en mélangeant du rouge, du jaune et une pointe de bleu. Pas de rose ? Du rouge éclairci avec beaucoup de blanc. La gouache lavable spéciale enfants part au lavage sur la plupart des vêtements. Action Cultura Amazon

Aucun lien sponsorisé. Avec de la gouache déjà entamée et un bâton récupéré, l'atelier ne coûte rien du tout.

Le principe, en deux temps

D'abord on peint, ensuite on plie. On peint la structure de l'arbre au pinceau en marron, puis on pose les fleurs en tamponnant du rose et du blanc à peine mêlés. On laisse bien sécher. Et une fois que tout est sec, la feuille peinte se replie en accordéon et devient un éventail. Le contraste entre les branches nettes et les fleurs floues, c'est le charme du cerisier, et le pliage en fait un petit objet qu'on garde et qu'on agite fièrement.

Peinture d'une branche de cerisier du Japon en fleurs, tronc marron peint au pinceau et grappes de fleurs roses et blanches tamponnées, sur fond blanc
Le genre de résultat qu'on vise : des branches nettes et des fleurs toutes douces. C'est aussi le modèle qu'on retrouve dans la fiche à imprimer.

Étape 1 : le tronc et les branches

On met un peu de peinture marron sur la palette et on trace le tronc d'un trait, en partant du bas de la feuille et en montant. Inutile de viser droit : dans la nature, aucun tronc n'est droit, alors une petite courbe rend le tout plus vrai. Depuis le haut du tronc, on fait partir trois, quatre ou cinq branches vers le ciel, comme les doigts d'une main ouverte, puis quelques ramilles plus fines au bout. Pour les plus jeunes, tu peux tracer le tronc toi-même et les laisser ajouter les branches. Et surtout, on peint sur une feuille au format paysage, plus large que haute : c'est ce qui donnera un bel éventail à la fin.

Étape 2 : le rose et le blanc sur la palette

On verse une petite flaque de rose et, juste à côté, une petite flaque de blanc. Et là, l'astuce qui change tout : on ne les mélange pas complètement. On les laisse se toucher, se marbrer un peu, garder des zones plus foncées et des zones plus claires. C'est ce rose imparfait, jamais tout à fait uniforme, qui donnera aux fleurs leur profondeur et leur air de vrai cerisier. Si tu as du rose foncé et du rose pâle, mets les deux, c'est encore plus joli.

Une palette avec des touches de rose et de blanc à peine mélangées, des pinceaux posés sur une nappe colorée, une main d'enfant qui tamponne une grappe de fleurs roses, et la fiche modèle imprimée à côté
Rose et blanc côte à côte, à peine mêlés : c'est le secret des fleurs qui ne se ressemblent pas toutes.

Étape 3 : on tamponne les fleurs

On trempe le tampon dans le rose, on l'effleure dans le blanc, et on vient le poser sur la feuille par petites touches, tout le long des branches et à leurs extrémités. On appuie, on relève, on recommence, en serrant les touches pour former des grappes bien pleines par endroits et en les espaçant ailleurs. On ne cherche pas la régularité : plus c'est vivant et un peu anarchique, plus l'arbre a l'air fleuri pour de vrai. Quelques touches roses vers le bas de la feuille, comme des pétales qui s'envolent, et c'est parfait. Chaque tampon donne une fleur différente : le bouchon fait des ronds pleins, le coton-tige des petits points, le papier bulle une nuée d'un coup, le doigt des pétales tout doux.

Étape 4 : on en fait un éventail

C'est le moment préféré des enfants. Une fois la peinture bien sèche (sinon tout colle et on pleure), on pose la feuille à l'horizontale et on la plie en accordéon : un petit pli vers l'avant, un petit pli vers l'arrière, et on recommence sur toute la largeur. Des plis réguliers d'environ deux centimètres donnent le plus bel effet, mais des plis un peu bancals font de très jolis éventails aussi, promis. Quand toute la feuille est pliée, on serre bien, on pince fort une extrémité pour former la pointe du bas, et on écarte le haut en éventail. Il ne reste qu'à coller un bâton de glace le long de la pointe pincée pour faire le manche, avec un point de colle ou un tour de gros scotch. On maintient quelques secondes, et voilà un éventail de cerisier prêt à s'agiter dans toute la maison.

À imprimer

Le modèle « Éventail sakura » : une seule feuille A4 au format paysage, avec le cerisier à reproduire d'un côté et, de l'autre, le schéma en trois temps pour transformer la peinture en éventail (feuille sèche, pliage en accordéon, bâton de glace collé). À afficher à côté de la table : ce n'est pas une feuille à peindre dessus, c'est l'enfant qui peint ses propres branches.

Mes petites astuces

Trois bricoles qui rendent l'atelier plus tranquille. Un : protège la table avec une vieille nappe ou du papier journal, la peinture qui tamponne, ça éclabousse vite. Deux : ne saute pas le temps de séchage avant de plier, c'est la seule vraie règle de cet atelier. Trois : si un enfant en met trop et transforme son cerisier en gros nuage rose uniforme, dis-lui que c'est un cerisier sous la pluie de pétales, et hop, personne n'a rien raté. C'est un peu la magie de cette activité : il n'y a pas de version ratée, et une fois pliée en éventail, même la feuille la plus chargée devient superbe.

Avant de te lancer, la sécurité

On choisit une gouache non toxique et lavable, portant la mention « conforme à la norme EN 71 » (la norme des jouets), surtout avec un enfant qui met encore les doigts à la bouche. La peinture, ça ne se mange pas, même quand ça ressemble à un glaçage rose : on le dit clairement avant de commencer. Le collage du bâton, avec colle forte ou cutter, c'est un geste d'adulte : on le garde pour soi et on laisse l'enfant décorer. On protège les vêtements avec un tablier ou un vieux tee-shirt, et on prévoit une éponge humide à portée de main. Atelier tout doux dès 3 ans avec un adulte à côté.

Pour prolonger le voyage

Si l'ambiance japonisante t'a plu, enchaîne avec un peu de calligraphie chinoise et japonaise, tout aussi apaisant et joli à encadrer à côté du sakura. Et pour rester dans la peinture qui déculpabilise, va voir comment peindre sans les mains, une autre façon de faire de beaux tableaux sans savoir dessiner.

Quelques autres sources d'inspiration

Vu sur Pinterest Des éventails en papier à fabriquer Vu sur Pinterest Variante de l'éventail en accordéon Vu sur Pinterest Encore une idée de cerisier en fleurs

On sort les crayons ?

Pour prolonger l'atelier sans rien préparer de plus, voici quelques coloriages à imprimer que j'aime bien dans le même esprit.

Et si on faisait aussi…

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