Créatif
Faire de la calligraphie chinoise et japonaise
On sort un pinceau, un peu de peinture noire et une feuille, et on recopie tout doucement des caracteres chinois et japonais d'apres un modele a imprimer. Un atelier etonnamment calme, presque meditatif, qui occupe sans ecran et raconte plein de choses sur les ecritures du monde.
Il y a des apres-midis ou tout le monde tourne en rond, ou la maison est trop calme pour etre honnete, et ou j'ai juste envie d'un truc posé qui ne finisse pas en bataille de coussins. La calligraphie asiatique, c'est exactement ça. On ne s'y attend pas, parce que « recopier des caracteres chinois » ne sonne pas franchement comme la promesse d'un grand moment. Et pourtant. La premiere fois, ma grande s'est installée avec son pinceau, elle a tracé un premier caractere, et le silence qui a suivi valait tous les ateliers du monde.
Le principe est tout simple : un pinceau, un peu d'encre ou de peinture noire, une feuille, et un modele sous les yeux. On recopie, trait par trait, sans se presser. Ma petite de trois ans, elle, a préféré barbouiller sa propre version de caracteres imaginaires sur son chevalet, et honnetement c'était très bien aussi. Parce que le vrai sujet, au fond, ce n'est pas de réussir : c'est de découvrir qu'ailleurs sur la planete, on n'écrit pas du tout comme nous.
La liste de courses
Tu as sans doute déjà presque tout. Le seul « luxe » facultatif, c'est un pinceau à pointe fine, et encore.
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Une feuille un peu épaisserécupDéjà à la maison : une feuille de papier dessin, ou même le dos d'une feuille imprimée. Un papier un peu épais boit mieux l'encre et ne gondole pas trop.
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De la peinture noire ou de l'encre0 à 6 €Placard : une gouache ou une aquarelle noire déjà entamée fait parfaitement l'affaire, et c'est le choix malin avec les plus jeunes car ça part au lavage. L'encre de Chine donne un noir plus profond et plus « vrai », mais elle tache durablement (on en reparle plus bas). Action Cultura Amazon
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Un joli pinceau0 à 6 €Un pinceau souple à pointe, comme un pinceau d'aquarelle, suffit largement. Si tu veux jouer le jeu à fond, un vrai pinceau de calligraphie chinoise coûte quelques euros et change tout de suite l'allure du trait. Action Cultura Amazon
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Un petit bol d'eau + une vieille chemiserécupDéjà à la maison : un bol d'eau pour rincer le pinceau entre les couleurs de noir, une nappe ou du papier journal sur la table, et un vieux tee-shirt sur le dos. Le noir, ça migre partout.
Aucun lien sponsorisé. Avec la peinture du placard et un pinceau déjà à la maison, l'atelier peut coûter zéro euro.
Deux écritures, deux histoires (à raconter avant de commencer)
C'est le petit moment que je préfère : avant même de tremper le pinceau, on regarde le modele ensemble et on raconte. En Chine, il n'y a pas d'alphabet. Chaque caractere est un petit dessin qui veut dire un mot entier, et il en existe des milliers. Le plus rigolo pour les enfants, c'est de repérer la logique cachée : la montagne se dit avec un caractere qui ressemble vraiment à trois pics, et le mot « forêt » est carrément dessiné avec trois fois le caractere « arbre » posés ensemble. Forcément, ça parle.
Le japonais, lui, mélange trois écritures d'un coup. Il utilise des kanji, ces mêmes dessins-mots empruntés à la Chine il y a très longtemps, mais prononcés autrement. Et il ajoute deux alphabets de sons : les hiragana, tout en rondeurs, pour les mots japonais, et les katakana, tout en angles, pour les mots venus d'ailleurs. Un exemple parlant : les mots venus d'ailleurs s'écrivent en katakana, en assemblant leurs sons les uns aux autres, comme « cacao » qui devient ko-ko-a. Explique à ton enfant qu'il ou elle va donc pouvoir comparer, sur les deux pages du modele, ce qui se ressemble et ce qui change d'un pays à l'autre.
On prépare le petit atelier
Rien de sorcier. On imprime le modele (deux pages, une Chine et une Japon, à télécharger juste en dessous), on le pose bien en vue à côté de la feuille blanche. On verse un peu de peinture ou d'encre dans une soucoupe, on prépare le bol d'eau pour rincer, et on protege la table. Si ton enfant est petit, prépare une quantité minuscule de peinture : de toute façon, un caractere ou deux suffisent à l'occuper un bon moment, et ça évite les mares noires.
Un mot sur la tenue du pinceau, parce que ça change tout : on le tient bien droit, presque à la verticale, comme une petite baguette, plutôt qu'incliné comme un stylo. C'est ce geste qui donne ces traits tantôt épais, tantôt fins, et qui rend l'exercice si satisfaisant.
On recopie, tout doucement
Et là, on ralentit. On choisit un caractere sur le modele, on l'observe, et on le refait trait par trait, en levant bien le pinceau entre chaque trait au lieu de tout enchaîner d'un coup. C'est presque plus du dessin que de l'écriture, et c'est exactement pour ça que ça apaise. Personne ne réussit du premier coup, les traits bavent, débordent, tremblent, et c'est très bien : la calligraphie faite par un enfant est belle justement parce qu'elle est imparfaite. Ma grande a passé vingt minutes sur son « eau » avant d'être contente. Vingt minutes de silence. Je te laisse mesurer le miracle.
Avant de te lancer, deux précautions
Attention à l'encre de Chine : elle donne un très beau noir, mais elle tache durablement les vêtements, les tables en bois et les doigts, parfois pour de bon. Avec les plus jeunes, choisis plutôt une gouache ou une aquarelle noire, qui se lave. Dans tous les cas, on protege la table, on met un vieux tee-shirt, et on rappelle que ni l'encre ni la peinture ne se goûtent. On garde un œil sur les petites mains qui filent vers la bouche. À partir de 4 ou 5 ans on peut vraiment recopier ; avant, on laisse barbouiller librement sur sa propre feuille, sans modele, c'est déjà une belle découverte.
À imprimer
Le modele « Calligraphie chinoise et japonaise » : une page Chine où chaque caractère est présenté en grand avec une petite anecdote sur son dessin (la montagne et ses trois pics, la forêt faite de trois arbres…), et une page Japon qui montre les kanji, les hiragana tout ronds et les katakana tout anguleux, et explique comment on assemble les sons pour écrire un mot. Tout est en gros, prêt à être recopié au pinceau.
Pour prolonger la découverte des écritures
Si ton enfant a mordu au jeu des écritures qui ne ressemblent pas à la nôtre, enchaîne avec un autre alphabet secret : écrire son prénom en braille, où l'on code chaque lettre avec des points en relief. Deux façons très différentes de se dire que, décidément, on n'écrit pas partout pareil.





