Le blog

Licornes, fées et Père Noël : comment faire rêver son enfant sans lui mentir

J'aurais adoré que les licornes existent. Alors j'ouvre grand cette porte à mes enfants, tout en refusant de leur mentir les yeux dans les yeux. Ma parade tient en une question, et elle marche à merveille.

Je vais te faire un aveu : je suis une grande passionnée de créatures mystiques. Licornes, fées, dragons, farfadets, j'aurais adoré qu'ils existent pour de vrai, et quelque part je n'ai jamais complètement abandonné l'idée. Forcément, j'adore ouvrir cette porte-là à mes enfants. Sauf que je bute toujours sur le même caillou : je n'ai pas envie de leur mentir droit dans les yeux. Alors j'ai trouvé une parade, et elle change tout.

Le dilemme : les faire rêver ou leur mentir ?

C'est la tension de tout parent un peu rêveur. On veut préserver cet âge béni où tout est possible, où une flaque peut cacher un portail et un buisson abriter un lutin. Mais affirmer « oui, les fées existent » à un enfant qui te fait une confiance aveugle, ça coince. La bonne nouvelle, c'est qu'on n'a pas à choisir entre les deux.

Ma parade : je renvoie la question

Quand on me demande « les licornes ça existe ? », je ne réponds jamais oui ni non. Je réponds « et toi, tu crois que ça existe ? ». Et là, l'enfant déroule ses théories les plus folles, bien plus belles que tout ce que j'aurais inventé. Et s'il insiste, je souffle juste : « je ne sais pas trop… mais toi, tu le sais sans doute au fond de toi. » Je n'ai pas menti. J'ai laissé la porte ouverte.

Quand ils grandissent, ils deviennent complices

Le plus beau, c'est la suite. Le jour où ils n'y croient plus vraiment, ils ne m'en veulent pas : ils rejoignent la troupe. Comme pour le Père Noël, les grands deviennent les gardiens du secret et entretiennent le mystère pour les plus petits. La magie ne s'éteint pas, elle se transmet. Et voir mon aîné jouer le jeu pour ses sœurs, franchement, c'est un des trucs les plus mignons de la parentalité.

Des idées pour cultiver la magie au quotidien

  • Un film qui fait rêver ensemble. Chez nous, Mary Poppins a lancé des soirées entières à imaginer ce qu'on ferait si on avait ses pouvoirs à la maison (ranger la chambre d'un claquement de doigts arrive largement en tête).
  • Des créatures à faire naître. Les œufs de dragon ne se fabriquent pas, ils « se découvrent ». Personne n'a jamais démenti qu'il y avait peut-être quelque chose dedans.
  • Un royaume à construire. Une cabane en carton devient le repaire d'un peuple minuscule, et un zoo en rouleaux se peuple de bestioles qui n'existent nulle part ailleurs.
  • De petites traces. Une pincée de paillettes sur le rebord de la fenêtre le matin (une fée est passée), une mini porte peinte au pied d'un arbre, un message minuscule glissé sous l'oreiller par la petite souris.
  • Le grand mystère organisé. Une boîte surprise soi-disant tombée d'on-ne-sait-où, à ouvrir ce soir, tient tout un après-midi de suspense.

Mon plus grand fait d'arme

S'il faut n'en garder qu'un, c'est celui-là. Chez nous, des petites chevêches d'Athéna (de minuscules chouettes) s'invitent régulièrement dans la maison en passant par le conduit de la cheminée. Un lendemain de gros orage, cet été, je me suis dit qu'une occasion pareille ne se refusait pas. Un après-midi, pendant qu'il faisait sagement ses Legos, j'ai glissé au fond de la cheminée une lettre au nom de mon aîné, tombée d'on-ne-sait-où après l'orage. Ce jour-là, elles étaient d'ailleurs deux à être descendues par le conduit, comme si l'une escortait l'autre.

Pas une invitation pour Poudlard, non. D'abord parce que c'est un peu attendu, et surtout parce qu'il aurait fallu qu'il fasse ses valises. Une lettre du Département des Sorciers Infiltrés, qui lui expliquait qu'il faisait partie des sorciers vivant incognito chez les Moldus, avec pour mission secrète d'apprendre leurs sciences, d'imaginer l'impossible et de se servir de sa vraie magie (l'imagination) pour rendre le monde plus beau. La petite chouette, elle, ne venait pas le chercher : elle veillait juste à ce qu'il n'oublie jamais ce pouvoir-là.

Une enveloppe manuscrite au prénom d'un enfant, posée à côté d'une lettre au sceau de Poudlard sur un tapis coloré
La fameuse lettre, retrouvée un matin au fond de la cheminée. Je n'ai rien confirmé, rien nié.

Je n'ai jamais dit que c'était vrai. Je l'ai juste posée là, et j'ai laissé l'orage, la cheminée et la petite chouette raconter le reste. Il en parle encore, et honnêtement, moi aussi.

Un enfant tout sourire tenant la lettre au sceau de Poudlard reçue à son prénom
La tête du destinataire quand il a compris que la lettre était pour lui. Mission accomplie.

Le fond de l'affaire

Entretenir la magie, ce n'est pas berner son enfant, c'est lui offrir un terrain où son imagination a le droit de galoper. Tu ne fabriques pas des croyances, tu fabriques des souvenirs. Et si tu veux devenir imbattable pour lancer ces histoires, mon article sur l'art de vendre une activité à son enfant est la suite logique de celui-ci.

Continuer à lire

Reviens à tous les articles du blog, ou file directement dans les activités à faire ensemble.